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18.04.2006

CPE : La fin d'un projet, le début des idées ?

C'est jeudi 13 Avril que le Parlement a définitivement tourné la page du Contrat première embauche (CPE) "Un dispositif d'accès des jeunes à la vie active en entreprise" a ainsi remplacé le CPE. Ce nouveau dispositif est notamment destiné à attribuer des aides aux employeurs qui embauchent en contrat à durée indéterminée (CDI) des jeunes de 16 à 25 ans faiblement qualifiés ou résidants dans une zone urbaine sensible (ZUS), ou bien encore titulaire de contrats d'insertion dans la vie sociale (Civis)

Sous la pression de la "rue", le gouvernement a donc modifié son projet de loi afin de remplacer le CPE. Les parties de l'opposition, les syndicats et les étudiants voient en cette action leurs victoires contre le gouvernement. La "révolution" de la rue a-t-elle donc réussi ? Une révolution n'est-elle pas destinée à changer les choses... et une victoire n'est-elle pas réelle uniquement quand elle apporte quelque chose... Or, la pression de la rue a fait reculer le gouvernement sur des modifications du code du travail mais aucune proposition alternative n'a été proposée par les parties d'opposition ou les syndicats. Je ne trouve pas que l'immobilisme soit une victoire. Il faut faire avancer les choses, discuter, proposer des alternatives, pour changer les choses qui ne vont pas. La situation actuelle du chômage chez les jeunes (23%) ne peut pas convenir. Les jeunes veulent que la situation change sans que rien ne change... Notre société a fait miroité aux jeunes que l'emploi était un dû, que les études suffisaient pour avoir un emploi, qu'il n'était pas nécessaire de faire ses preuves en entreprise...

Je me souviens encore de la colère et des propos de Jean-Robert Pitte, président de l'université Paris-IV-Sorbonne :
"J'en ai assez de cette démagogie qui déferle sur l'université et le pays. Qu'entend t-on à la télé, dans les manifs ? Des discours irresponsables ! "Ah, les pauvres étudiants ! Ils ont bien droit à un CDI !" C'est absurde. Qui ne voit que le problème est celui de l'inadéquation de la formation et du monde du travail ? Jusqu'à nouvel ordre, il me semble qu'en France on ne peut pas obliger les patrons à embaucher ! Ils prennent un risque en recrutant un jeune à la sortie de l'université, qui n'est pas immédiatement opérationnel. Qui dira la vérité à la jeunesse ? Rendez-vous compte : il n'y a pas longtemps encore, l'Unef agitait le slogan : "Orientation = sélection !" Alors que des dizaines de milliers de jeunes s'engouffrent dans des formations sans aucun débouché, comme les Staps ou l'histoire de l'art, et revendiquent ensuite, comme un dû, un emploi en rapport avec leurs diplômes ! Oui, en Angleterre, quelqu'un qui sort d'Oxford avec une maîtrise de chinois peut travailler dans le marketing. Mais il apprend son boulot sur le tas et doit faire ses preuves. "Ma fille n'a pas fait d'études extraordinaires. Elle sort d'un IUT puis a obtenu un diplôme de marketing dans une école de seconde zone. Elle a fait un an de stage très mal rémunéré aux Etats-Unis, avant qu'on lui propose de rester dans l'entreprise. En un an, elle a changé. Avant, elle aussi attendait tout de la société ! Je suis en colère contre l'ignorance et la bêtise des jeunes, mais aussi des Français, car on a la jeunesse qu'on mérite. Je sais que je vais passer pour un horrible réac, mais tant pis. La jeunesse n'a plus de rêves. Elle n'a plus que des illusions. Rêver, c'est vouloir accomplir des choses difficiles qui obligent à se dépasser. Les jeunes croient que tout leur est du, et que, si ça ne va pas, c'est de la faute des autres ! "

Je pense néanmoins qu'on ne peut pas s'attaquer au problème du chômage en France juste en s'attaquant au chômage des jeunes, il faut s'attaquer au problème du chômage dans son ensemble. Les jeunes sont contre les inégalités, une inégalité qui était accentuée par le CPE : d'un coté, les anciens avec leur CDI ultra protégé et d'un autre, les jeunes en difficulté avec leur CPE sans protections...

Il serait peut être temps de réfléchir à un contrat de travail unique, un contrat de travail à durée indéterminée qui marquerait la fin du CDD (contrat de travail à durée déterminée). Un contrat plus souple qui donnerait aux entreprises une plus grande réactivité et flexibilité que requiert une économie ouverte et mondialiste. Il pourrait assurer des droits sociaux aux salariés se renforcent avec l'ancienneté. Il faudrait redonner un vrai coup de pouce à notre économie...
et redonner un avenir aux jeunes de France...

20:25 Publié dans Actualités | Lien permanent

Commentaires

Je donne une idée:
Un CDI avec une clause de licenciement et/ou durée de preavis selon la rentabilité et/ou l'ancienneté et/ou le nb d'employé de la boite?
Sinon il fait trop beau pour s'enfermer faire le menage!
Mets tes rollers et vas te faire peur dans la rue!!!


Ps: T'as de la chance que Schumi ai fait la pôle sinon j'aurais eu une raison de plus (avec le CPE) de te tailler un peu plus ;-) héhé


Bon WE les tourteraux

Ecrit par : Tonyo | 22.04.2006